Guitare d'Ernesto de la Cruz, du Film Disney Pixar Coco®
Bonjour à tous!
J'aimerais introduire aujourd'hui une création entamée dans la période de folie créatrice dont j'ai été victime l'été dernier, en sortant de prépa... Car oui, ces deux ans ont vraiment été un supplice sur le plan manuel, une véritable abstention que je me devais de respecter sous peine d'être prise d'une culpabilité maladive. Je n'avais plus le temps ni l'inspiration (mon cerveau était aussi sec qu'une éponge en plein désert...); et God knows que c'était frustrant!
Alors quand la liberté m'a été rendue, je me suis mise à foisonner de projets, d'où cette idée folle de reproduire pour les 6 ans de mon petit neveu l'objet iconique du film Disney Pixar Coco: la guitare de Miguel Rivera. Grand aficionado de ce dessin animé, mon neveu avait absolument tenu à me le faire visionner, et je dois dire que j'y ai succombé à mon tour! Et j'ai compris pourquoi cette guitare avait suscité un véritable engouement de la part des fans. Vous avez peut-être vu des photos d'étales sur les marchés mexicains, où les artisans ont reproduit en masse le fameux instrument. J'ai vraiment aimé l'image du Mexique que la machine à rêve Disney nous a vendue; et si commerciale fût-elle, elle a permis de faire du bien à ce pays gangrenné par les cartels et les trafics de migrants en redorant un peu son blason et en mettant sa culture à l'honneur.
Vous aviez peut-être aussi entendu parler de cette alliance entre la marque de Guitar Córdoba qui avait signé un partenariat avec Disney-Pixar pour produire en édition limitée la guitare du film d'animation. C'est cependant un produit de luxe que la marque proposait : de taille standard, dorée à la main à la feuille d'or 24 carats, incrustée de nacre d'abalone et dont les clefs de réglage ont été sculptées à la main en forme de crânes. Et, petit détail qui a son importance, le prix, une bagatelle de 15 000$ pièce. Alors quand on est comme moi, on se sort les doigts du c** et on retrousse ses manches. C'est ça la partie la plus excitante!
Vous connaissez le pourquoi; attelons-nous donc à présent au comment.
Une chance, tout de même, que je me dois de souligner : mon frère avait reçu à un anniversaire une mini guitare pour enfant qui avait rapidement été reléguée au fond d'un placard. Vous vous doutez bien que lorsqu'on ne sait pas en jouer, ce n'est pas un jouet très fun pour un enfant. Alors comme elle ramassait la poussière dans un coin depuis des années (le petit frère a 18 ans désormais...), j'ai obtenu sans peine l'autorisation de la transformer, que dis-je, de lui donner une seconde vie- et vive la Toy Story Philosophy!
Afin d'ordonner un peu mes idées, je vous propose un "étape par étape" similaire à celui du Nimbus 2000. Enjoy!

1/ Compléter la guitare
La guitare du frangin, merci à lui
Avez-vous remarqué que la "machine" de la guitare de Miguel est en forme de tête de mort? La mienne ne l'était pas. La première étape a donc été de fabriquer une pièce de bois pour combler le haut de la guitare. Comme toutes les guitares ne se ressemblent pas, je ne pense pas nécessaire de vous fournir les mesures de la pièce. En voici simplement la forme et le rendu final.
J'ai fixé cette pièce avec de la colle à bois et utilisé de la pâte à bois pour combler les éventuels trous et aspérités. J'ai également limé un peu les mâchoires afin d'accentuer la forme de crâne. C'a été le travail le plus physique, alors soyez rassuré pour la suite.
2/ Peindre l'instrument
J'ai utilisé pour cela une bombe de peinture blanche, la meilleure option. Vous imaginez les traces de pinceau dégoûtantes si je l'avais peinte à la main? J'ai donc enrobé les cordes dans un sac plastique pour les protéger, et recouvert les rebords en métal et les clefs de réglage de scotch. J'ai ensuite entièrement pulvérisé la guitare.
Quelques conseils : poncer légèrement la guitare si sa surface est vernie pour la rendre poreuse et donc adhésive; ne pas vaporiser une couche trop fine, sous peine de voir la peinture s'écailler au moindre choc; enfin, préférer plusieurs fines couches plutôt qu'une couche épaisse, pour prévenir les coulures ( j'ai bien sûr fait l'expérience de chacun de ces trois problèmes, sinon ce n'est pas drôle...).
3/ Tracer les motifs
L'étape la plus fastidieuse, sans aucun doute. Ce n'est pas drôle, c'est long, c'est salissant... Bref, c'est un mal nécessaire!
J'ai choisi l'option du décalquage, pour être sûre de rester fidèle au modèle d'origine. D'ailleurs je me suis servie tour à tour d'images de la guitare que l'on voit à l'écran et de la réplique de Córdoba, qui n'avait pas tout juste mais qui avait l'avantage de présenter des angles de vue variés de l'instrument.
La couleur indéfinissable des arabesques
La fameuse réplique de Córdoba
Une autre problématique à prendre en compte a été le respect de l'échelle des motifs (respecter le rapport de distance entre eux, leur taille...). Je peux mettre les calques à disposition si vous en avez besoin, faites-le moi simplement savoir. Notez juste que la guitare que j'ai faite n'était pas une vraie mais une pour enfant, modèle réduit.
Les motifs comprennent: la grande arabesque en bas, celles de la tête, les dents, les franges.
4/ Les arabesques
Place à la minutie, à présent. Je me suis longtemps interrogée sur la technique à adopter pour ces magnifiques arabesques. Entêtée que je suis, j'étais déterminée à rester la plus fidèle possible à l'instrument du film, dont, si vous l'observez bien, on a du mal à définir la couleur. Córdoba a opté pour des incrustations d'abalone, la nacre d'un coquillage de Nouvelle-Zélande aux reflets bleus-vert-multicolores. Après moultes réflexions -au cours desquels j'ai un instant et sérieusement envisagé de commander des plaques de nacre sur Ebay- j'ai décidé de ne pas me torturer davantage et de les peindre simplement avec une peinture à eau métallisée irrisée noire que je trouvais tout de même très jolie (et qui me simplifiait grandement la tâche...).
Une fois les motifs tracés, je les ai repassés d'une sous-couche de vernis transparent, nécessaire pour que la peinture y adhère, et je me suis lancée avec la peinture noire. Je vous mets en garde tout de même, noir sur blanc, il n'y a pas pire si l'on déborde... Alors je me suis armée de mon fidèle pinceau à trois poils et de mes plus longues playlists spotify, et vogue la galère!
L'atelier en chantier, avec la palette des peintures métallisées dans le fond
Une bavure dont je ne suis pas fière...
5/ Dessins isolés, bordures, dorures...
Une fois les arabesque réalisées, on a passé le plus dure, si j'ose dire! Pour toutes les petits détails dorés, un pinceau fin et la même peinture suffisent (crâne, soleil au centre, dent, bordures etc.). Ceux-ci, j'ai pu les repasser au vernis brillant, ce que je n'ai pas pu faire avec les arabesques noires car mon vernis contenant de l'eau, la peinture était réactivée par lui et avait tendance à s'effacer. Pour les parties métalliques de l'instrument, c'est une peinture en bombe dorée que j'ai utilisée, après avoir soigneusement recouvert de scotch le reste de la tête de la guitare. On ne veut pas la voir constellée de peinture dorée n'est-ce pas?
6/ Les franges
Pour ce qui est des franges- ou de la frise, bande, comme vous voulez- j'ai dû bidouiller pour obtenir la teinte qu'il me fallait. Une bande sur deux est peinte avec une peinture blanc irisé qui provient de la même palette que la noire mentionnée précédemment. Pour le reste des bandes, c'est un savant mélange de vernis transparent et de mes deux peintures irrisées qui m'a servi, pour l'effet que celles-ci ont quand on les mets dans de l'eau. J'ai appliqué ce gloubiboulga en couches successives en effectuant des ronds avec mon pinceau, comme pour peindre des "tourbillons".
7/ Finitions
Repasser les bords des franges en noir et doré, ainsi que les parties restées blanches du soleil au centre avec du blanc métallisé.
Les clefs de la guitare sont de petites têtes de mort dans le dessin animé, vous-rappelez-vous? Poussant le détail jusqu'au bout du bout, je les ai limées avec une lime à bois pour leur donner la forme adéquate. Ensuite de quoi j'ai réalisé deux yeux sur chacune avec un coton-tige et de la peinture acrylique, puis les dents et le "nez" avec un pinceau fin.
Dernier détail pas forcément prévisible -mais qui a son importance quand la guitare est destinée aux minuscules pattes boudinées de deux petits monstres- lorsque je touchais les arabesques noires, la peinture avait tendance à s'humidifier (merci les doigts transpirant) et je laissais de belles empreintes digitales sur le blanc immaculé de la guitare. N'ayant plus de vernis en bombe sous la main, j'ai vidé... ma bombe de laque pour les cheveux. Bonus: votre guitare ressortira de cette séance agrémentée d'une superbe fragrance chimique! Il n'empêche, ma technique a fonctionné impeccablement!
Ne vous reste plus à présent qu'à remettre les cordes en places.
Je crois que j'ai fait le tour, je vous laisse avec le résultat!
Et le jour J, c'est le tonton de mon neveu qui s'est chargé de l'accorder, je ne suis pas muscienne pour deux sous! Honnêtement, je ne crois pas qu'il soit devenu aussi bon guitariste que Jimi Hendrix, mais ça motive l'apprentissage de jouer sur la guitare d'Ernesto de la Cruz!
J'espère que vous aurez apprécié cet article autant que j'ai aimé faire cette guitare, et vous dis à bientôt!
Edit du 16/04/2020:
Suite à la demande de l'un d'entre vous, je mets à disposition les scans des motifs que j'avais réalisés en calque. Il vous suffira de les imprimer à bonne échelle et de les décalquer à votre tour.
*Clic droit sur les images puis 'Afficher l'image' pour les obtenir en taille réelle*
Seule précision, je n'avais pas dessiné entièrement la frise qui borde la face de la guitare, car pas assez de place. une fois commencée, vous verrez qu'elle est plutôt simple à prolonger.
Bonne chance à tous dans vos réalisations
See You

























